L'IPX800V3, bien que respectant des normes drastiques en matière de compatibilité électromagnétique (la fameuse CEM), peut être "gênée" par son environnement électrique et électromagnétique. Commençons par balayer ensemble les sources possibles de rayonnements électromagnétiques ou de perturbations électriques sur les fils électriques reliés à l'IPX :
- la tension secteur elle-même, générant un faible rayonnement à 50Hz, surtout dans un tableau électrique où les fils s'enchevètrent et peuvent ainsi créer facilement et rapidement de petites boucles inductives,
- votre box ou routeur wifi, qui émet des ondes électromagnétiques de faible puissance mais à une très haute fréquence de 2,4GHz,
- vos appareillages électriques, domotiques, météorologiques ou de surveillance (alarme) qui se transmettent des données sans fil, généralement en 433 ou 800MHz,
- les ordres tarifaires Pulsadis transmis par EDF sur le réseau électrique, à savoir une fréquence de 175Hz qui vient se "superposer" au 50Hz (qui fait parfois scintiller vos lumières le matin et le soir),
- les onduleurs électriques, surtout les gammes dites "on-line" où la tension 220V en sortie de l'onduleur est générée en permanence de manière électronique à partir de la tension continue de la batterie de l'onduleur, elle-même chargée en permanence par une tension redressée issue du 220V d'entrée,
- les fours à micro-ondes, qui ne fonctionnent bien évidemment que très rarement, mais dont la puissance est élevée et la fréquence de rayonnement est supérieure à 2GHz,
- les télés à tube cathodique si vous en avez encore,
- vos téléphones sans fil, mobiles (GSM) et smartphones, qui sont désormais en connexion quasi-permanente grâce à la 3G et aux abonnements "internet illimité",
- les moteurs en général : pompe à chaleur, pompe d'arrosage, surpresseur, vide-cave, pompe de relevage, bref tous les moteurs électriques,
- toutes les petites bobines contenues dans les télérupteurs, relais électromécaniques et autres contacteurs jour/nuit.

Voilà donc une liste déjà bien longue mais non exhaustive : elle devrait vous permettre d'identifier la source d'un éventuel problème de stabilité de votre IPX800. J'ai, pour ma part, un bel exemple avec la proximité d'un onduleur on-line avec mon capteur SHT-X3 (qui n'est pas à sa place définitive). En effet, les valeurs d'humidité et de température lues par l'IPX varient rapidement et sur une échelle non négligeable : actuellement la température varie aléatoirement de 12,5 à 14,2°C et ce plusieurs fois par secondes. La tension continue renvoyée par le SHT-X3 doit donc être perturbée par des harmoniques de l'onduleur qui viennent se superposer : cela créé une composante alternative induisant les multiples variations vues par l'IPX.

Voyons maintenant quelles sont les solutions à notre portée, pour limiter au maximum l'effet de ces perturbations sur l'IPX. Respectez les quelques règles suivantes et votre IPX ne s'en portera que mieux :
- pour les entrées analogiques, très sensibles du fait de leur plage réduite (3,3V) associée à une bonne précision (convertisseur 10 bits), utilisez toujours des câblages blindés, de type CAT6, et pensez à raccorder les feuillards et autres fils de masse aux terres ou bornes de masse de vos équipements (par exemple les bornes GND de l'IPX),
- séparez au maximum vos circuits de puissance de vos circuits de commande basse tension, évitez par exemple d'accoler des fils d'entrées de l'IPX à d'autres fils sous tension 220V~, utilisez par exemple des gaines isolantes, des goulottes dédiées, etc,
- dans vos tableaux électriques, prévoyez autant que faire se peut les bonnes longueurs de conducteurs, pour éviter les centimètres de mou rangés en vrac dans un coin du tableau, ou pire lovés en une petite bobine pouvant générer un champ électromagnétique non négligeable,
- pour filtrer au maximum les perturbations fugitives, comme celle qu'un télérupteur peut engendrer quand il est actionné, vous pouvez utiliser un filtre RC ou autre varistance, comme proposé chez votre fournisseur habituel, par exemple ici. Ces composants sont à brancher en parallèle de la sortie commandant la bobine, dans le cas d'un télérupteur. Cela fonctionne plutôt bien, également, pour les relais ou contacteurs de puissance. Il faut un filtre R=50Ω environ et C=100nF environ, sous 250V minimum. Voir exemple ci-dessous.
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